CARPIMKO : comprendre votre retraite de base (et ses limites)
Comment fonctionne la CARPIMKO, combien vous allez toucher à la retraite, et pourquoi un complément est nécessaire.
Ce que la CARPIMKO ne dit pas clairement
La CARPIMKO (Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-Podologues, Orthophonistes et Orthoptistes) gère votre retraite obligatoire depuis le premier jour de votre activité libérale. Vous cotisez automatiquement, et c’est une bonne chose.
Ce que beaucoup d’IDEL découvrent tardivement, c’est le niveau réel de pension qui les attend à la retraite. La CARPIMKO n’est pas un régime généreux — et comprendre ses mécanismes permet d’anticiper le complément nécessaire.
Les trois régimes qui composent votre retraite CARPIMKO
1. Le régime de base (CNAVPL)
Comme tous les libéraux, les IDEL cotisent au régime de base de la CNAVPL (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales). Ce régime fonctionne en points, à l’image des régimes complémentaires des salariés.
Le taux de cotisation est de 8,23% sur le revenu professionnel jusqu’au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), puis 1,87% au-delà dans certaines limites.
La valeur d’achat et la valeur de service du point évoluent chaque année. En pratique, une IDEL avec une carrière complète (43 annuités) peut espérer entre 500 et 700€ bruts/mois de ce seul régime.
2. Le régime complémentaire CARPIMKO
Ce régime est propre à la CARPIMKO. Il représente souvent la part la plus importante de la pension totale. Le taux de cotisation est de 9,2% du revenu net dans la limite de 5 fois le PASS.
Le système est également en points. La valeur du point de service est revalorisée annuellement. Pour une IDEL ayant cotisé 30 ans sur une base de revenu net moyen de 40 000€/an, le régime complémentaire peut représenter entre 500 et 700€ bruts/mois supplémentaires.
3. L’ASV (Avantage Social Vieillesse)
L’ASV est un régime spécifique aux auxiliaires médicaux conventionnés (secteur 1). C’est un régime “mixte” : vous cotisez une partie, la CPAM abonde l’autre moitié. Ce régime génère des droits supplémentaires, généralement entre 200 et 400€ bruts/mois pour une carrière complète en secteur conventionné.
Combien touche vraiment une IDEL à la retraite ?
Exemple concret : 30 ans de carrière IDEL
Prenons une infirmière libérale ayant exercé 30 ans en secteur 1, avec un revenu net moyen de 35 000 à 40 000€/an.
Estimation des pensions brutes mensuelles :
- Régime de base CNAVPL : 450 à 600€
- Régime complémentaire CARPIMKO : 500 à 650€
- ASV (secteur conventionné) : 200 à 350€
Total estimé : 1 150 à 1 600€ bruts/mois
Après prélèvements (CSG/CRDS sur les retraites, environ 8,3% pour les pensions), la pension nette se situe autour de 1 050 à 1 470€/mois nets.
Comparer avec le dernier revenu actif
Une IDEL qui gagne 3 200€ nets/mois en fin de carrière verra donc son revenu divisé par deux ou par trois à la retraite. Le taux de remplacement est ici de 33 à 46% — bien inférieur aux 70-75% souvent cités pour les salariés du privé en régime général + Agirc-Arrco.
Cette réalité chiffre est souvent une surprise désagréable pour les professionnels libéraux qui n’ont pas anticipé.
Pourquoi le taux de remplacement est-il si bas ?
Plusieurs facteurs expliquent cet écart :
- Les années de formation ne cotisent pas. Une IDEL diplômée à 22 ans et installée à 25 ans commence à cotiser trois ans après ses camarades salariés.
- Les revenus des premières années sont faibles. L’installation libérale prend 2 à 4 ans pour atteindre un régime de croisière, ce qui pèse sur les droits accumulés en début de carrière.
- L’ASV est conditionnel. Si vous exercez en secteur 2 ou si vous quittez la convention, vous perdez l’abondement CPAM sur l’ASV.
- Les régimes libéraux ne bénéficient pas d’un régime complémentaire aussi développé que l’Agirc-Arrco des salariés cadres ou non-cadres.
Les outils pour combler l’écart
Le Plan d’Épargne Retraite (PER individuel)
Le PER est devenu depuis 2019 l’outil de référence pour la retraite complémentaire des libéraux. Ses avantages :
- Déductibilité des versements : les cotisations versées réduisent votre revenu imposable dans la limite du plafond Madelin (voir l’article dédié sur la loi Madelin)
- Capital ou rente à la sortie : contrairement aux anciens contrats Madelin retraite, le PER peut être débloqué en capital à la retraite
- Souplesse des versements : aucune obligation de cotiser un montant minimum annuel (contrairement aux anciens Madelin)
- Déblocage anticipé possible pour l’achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement
L’assurance vie
Complémentaire au PER, l’assurance vie offre :
- Une disponibilité totale des fonds à tout moment (avantage sur le PER)
- Une fiscalité très allégée après 8 ans d’ancienneté sur les retraits
- Une transmission hors succession dans la limite de 152 500€ par bénéficiaire
Elle convient bien pour constituer une épargne disponible en cas de besoin avant la retraite, et comme complément de revenus après.
Que faire selon votre situation
Si vous êtes en début de carrière (moins de 10 ans d’activité) : Ouvrez un PER dès maintenant, même avec de petits versements. L’effet du temps est votre meilleur allié. 100€/mois pendant 30 ans à 4% de rendement moyen représentent environ 70 000€ capitalisés.
Si vous êtes en milieu de carrière (10 à 25 ans d’activité) : C’est le moment d’augmenter significativement vos versements sur un PER. Vos revenus sont en général plus stables, et le plafond Madelin vous permet de déduire des sommes conséquentes si vous n’avez pas utilisé les années précédentes (les plafonds non utilisés sont reportables 3 ans).
Si vous êtes en fin de carrière (moins de 10 ans avant la retraite) : Faites un bilan précis de vos droits CARPIMKO via votre espace personnel sur carpimko.com, et calculez l’écart avec votre revenu cible. L’urgence est plus grande mais la déductibilité est également plus forte (revenus généralement plus élevés = économie d’impôt plus importante).
Anticiper plutôt que subir
La retraite des IDEL n’est pas une fatalité — mais elle demande une anticipation active que le système ne vous impose pas. Comprendre les mécanismes de la CARPIMKO, calculer vos droits estimés, et décider combien vous voulez épargner en complément sont les trois étapes indispensables.
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