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CARMF : ce que couvre vraiment votre protection sociale de médecin

Retraite, prévoyance, invalidité : le guide complet de la CARMF pour les médecins libéraux et les lacunes à combler.

Par L'équipe Promed · 10 mars 2026 · 10 min de lecture
Médecin CARMF Prévoyance Retraite

La CARMF en quelques mots

La CARMF — Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France — est l’organisme de protection sociale obligatoire des médecins libéraux. Dès lors que vous exercez en secteur libéral (même en tant que remplaçant), vous y êtes affilié et y cotisez.

La CARMF n’est pas qu’une caisse de retraite : elle couvre également la prévoyance (arrêt de travail, invalidité, décès). Comprendre précisément ce qu’elle couvre — et ce qu’elle ne couvre pas — est indispensable pour calibrer votre protection complémentaire.

Les quatre sections de la CARMF

Section 1 — Le régime de base (CNAVPL)

La CARMF collecte les cotisations au régime de base pour le compte de la CNAVPL (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales). Ce régime fonctionne en points : vous accumulez des points proportionnellement à vos cotisations tout au long de votre carrière.

La valeur du point est revalorisée chaque année. Ce régime constitue la première brique de votre retraite, mais il est conçu pour rester modeste — l’essentiel vient du régime complémentaire.

Section 2 — Le régime complémentaire CARMF

C’est le coeur de la retraite CARMF. Il fonctionne également en points, avec des cotisations exprimées en classes de revenus. Plus votre revenu est élevé, plus vous cotisez dans des classes supérieures et accumulez de points.

Les montants de pension issus de ce régime varient fortement selon votre durée de carrière et votre niveau de revenus. À titre indicatif, un médecin généraliste avec une carrière complète peut espérer entre 1 500 et 2 000 € brut par mois de ce seul régime.

Section 3 — L’ASV (Avantage Social Vieillesse)

L’ASV est un régime spécifique aux médecins conventionnés (secteurs 1, 2 et 3). Il est co-financé par l’Assurance Maladie, ce qui en fait un avantage substantiel par rapport aux autres professions libérales.

Pour un médecin généraliste à carrière complète, l’ASV peut représenter 500 à 700 € brut par mois supplémentaires. Pour les spécialistes, les montants varient selon la convention.

Section 4 — La prévoyance CARMF

C’est la section la moins connue des médecins, et pourtant l’une des plus importantes pour la vie active. La CARMF prévoit une couverture prévoyance obligatoire en cas d’arrêt de travail, d’invalidité et de décès.

La prévoyance CARMF en détail : les montants réels

Indemnités journalières en cas d’arrêt de travail

Délai de carence : 90 jours. Comme pour la CARPIMKO des IDEL, la CARMF ne verse rien pendant les trois premiers mois d’arrêt. À partir du 91e jour, elle verse une indemnité journalière de 108,60 € par jour (montant 2026, revalorisé chaque année).

Sur une base mensuelle, cela représente environ 3 258 € par mois. Pour un médecin généraliste gagnant 5 000 à 7 000 € net par mois, c’est un taux de remplacement de 45 à 65 % — insuffisant pour maintenir un niveau de vie équivalent, et surtout avec ce vide des 90 premiers jours.

Rente invalidité totale

En cas d’invalidité totale et définitive reconnue par la CARMF, la rente versée est d’environ 1 800 € brut par mois (montant indicatif 2026). Ce montant est identique quelle que soit votre spécialité ou votre niveau de revenus — ce qui signifie qu’un médecin spécialiste à 10 000 € par mois recevrait la même rente qu’un généraliste à 5 000 €.

C’est l’une des lacunes les plus criantes du régime obligatoire : l’invalidité est un risque catastrophique pour un revenu élevé, et la rente de base ne représente qu’une fraction du revenu perdu.

Capital décès

En cas de décès, la CARMF verse un capital décès d’environ 32 000 € (montant indicatif 2026, à vérifier selon votre situation) aux bénéficiaires désignés. Ce montant peut sembler conséquent, mais rapporté aux besoins d’une famille avec des enfants à charge et un crédit immobilier en cours, il est très insuffisant.

Les lacunes du régime CARMF pour les médecins

Le vide des J1 à J90

Comme les IDEL avec la CARPIMKO, les médecins libéraux ne perçoivent aucune indemnité de la CARMF pendant les 90 premiers jours d’arrêt. La Sécurité sociale (CPAM) verse des IJ à partir du J4, calculées sur la base du revenu des 3 dernières années (environ 1/730e du revenu annuel moyen).

Pour un médecin avec un revenu annuel de 80 000 €, les IJ CPAM s’élèvent à environ 109 € par jour, soit environ 9 000 € sur 90 jours. Pour un revenu de 150 000 €, les IJ sont plafonnées. L’écart avec les revenus habituels reste très significatif.

Des montants déconnectés des revenus élevés

Pour les médecins spécialistes ou les médecins avec une patientèle développée, l’inadéquation entre le régime de base et les revenus réels est encore plus marquée qu’pour les IDEL. Un chirurgien gagnant 12 000 € net par mois percevrait la même rente CARMF qu’un généraliste à 5 000 € — les prestations sont forfaitaires, pas proportionnelles au revenu.

Une couverture décès insuffisante pour les hauts revenus

32 000 € de capital décès, c’est moins de 4 mois de revenus pour un médecin bien installé. Face à un crédit immobilier de 300 000 €, des enfants à charge et un conjoint qui ne travaille pas, ce montant est symbolique.

Spécificités médecin vs IDEL : l’écart se creuse avec le revenu

Les problématiques de la CARMF et de la CARPIMKO sont structurellement identiques : délai de carence de 90 jours, montants forfaitaires déconnectés du revenu. Mais pour les médecins, l’écart est proportionnellement plus important car leurs revenus sont généralement plus élevés.

Un médecin généraliste gagnant 6 000 € net perçoit 3 258 € d’IJ CARMF à partir du J91 — soit un taux de remplacement de 54 %. Un spécialiste à 10 000 € net perçoit la même IJ de 3 258 € — soit seulement 33 % de son revenu habituel.

Plus votre revenu est élevé, plus la couverture obligatoire est insuffisante en proportion de ce que vous avez à protéger.

Ce qu’il faut compléter en priorité

Face à ces lacunes, la stratégie de protection pour un médecin libéral repose sur deux niveaux :

Niveau 1 — Prévoyance individuelle complémentaire Souscrire un contrat avec une franchise courte (30 à 60 jours) pour couvrir la période J1-J90 où ni la CARMF ni la CPAM ne suffisent. Les IJ complémentaires doivent être calibrées pour atteindre 70 à 80 % du revenu habituellement perçu.

Niveau 2 — Protection décès et invalidité lourde Pour les médecins avec des revenus élevés ou des charges importantes (crédit, famille), une couverture décès et invalidité complémentaire est indispensable. Le capital décès CARMF de 32 000 € et la rente invalidité de 1 800 €/mois ne suffisent pas à protéger un patrimoine ou une famille.

Conclusion : connaître son régime pour mieux le compléter

La CARMF assure une protection de base utile, mais elle a été conçue comme un socle minimal, pas comme une couverture complète. Pour un médecin libéral avec des revenus significatifs et des charges de vie importantes, s’en contenter représente un risque financier réel.

La bonne démarche est de partir de ce que la CARMF couvre réellement, calculer ce qu’il manque dans votre situation spécifique, et souscrire un complément calibré — ni trop, ni trop peu.


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