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Capital décès : protéger sa famille quand on est libéral

En cas de décès, vos proches n'ont pas les mêmes protections qu'un salarié. Comment s'assurer que votre famille sera protégée financièrement ?

Par L'équipe Promed · 23 mars 2026 · 8 min de lecture
IDEL Médecin Prévoyance Décès

Ce que vos proches recevraient sans contrat privé

La question est difficile à se poser, mais elle est indispensable : si vous décédez demain, votre famille dispose-t-elle de ressources suffisantes pour maintenir son niveau de vie ?

Pour un professionnel de santé libéral — infirmière IDEL ou médecin —, la réponse honnête est souvent non, sans préparation spécifique. Les régimes obligatoires (CARPIMKO pour les IDEL, CARMF pour les médecins) versent un capital décès, mais son montant est loin de couvrir les besoins réels d’une famille.

Ce que verse la CARPIMKO au décès

La CARPIMKO verse un capital décès aux ayants droit d’une infirmière libérale décédée. Son montant est calculé sur la base des cotisations versées et de la durée de carrière. En 2025, il se situe généralement entre 28 000 et 35 000 euros pour une carrière complète — nettement moins pour une IDEL en début de carrière.

En plus de ce capital, la CARPIMKO prévoit :

  • Une rente de conjoint : environ 40 % de la retraite de base à laquelle avait droit l’assurée, versée sous conditions de ressources
  • Une rente orphelin : versée aux enfants jusqu’à 21 ans (ou 25 ans en cas de poursuite d’études), environ 10 % de la retraite de base par enfant

Ce que verse la CARMF au décès

Pour les médecins libéraux, la CARMF prévoit un capital décès d’un montant similaire, entre 25 000 et 35 000 euros selon les années de cotisation, ainsi qu’une rente de conjoint et une rente orphelin aux mêmes conditions générales.


Comparaison avec un salarié : le vide est réel

Un salarié du secteur privé bénéficie d’un dispositif bien plus généreux en cas de décès :

  • Capital décès de la Sécurité sociale : environ 3 mois du salaire annuel brut, plafonné mais significatif
  • Prévoyance collective d’entreprise : la plupart des entreprises souscrivent une prévoyance collective qui prévoit un capital décès égal à 1 à 3 ans de salaire, parfois plus pour les cadres. Ce capital est financé en grande partie par l’employeur.
  • Rente éducation pour les enfants, souvent incluse dans les contrats collectifs

Au total, un salarié peut laisser à sa famille un capital décès de 50 000 à 200 000 euros selon son salaire et la générosité du régime de prévoyance de son employeur.

Un libéral sans contrat privé laissera, lui, 25 000 à 35 000 euros. L’écart est considérable.


Calculer le besoin réel de votre famille

Avant de souscrire un contrat, il est utile d’estimer le besoin réel. Trois éléments à considérer :

1. Le remboursement des crédits Si vous avez un crédit immobilier, votre décès ne l’efface pas automatiquement (sauf si vous avez souscrit une assurance emprunteur avec garantie décès, ce qui est fortement recommandé). Calculez le capital restant dû.

2. Le remplacement de vos revenus Combien d’années votre conjoint aura-t-il besoin de revenus supplémentaires pour maintenir le niveau de vie de la famille ? La rente de conjoint versée par CARPIMKO ou CARMF est soumise à conditions de ressources et reste modeste. Si vos revenus libéraux représentaient 50 à 80 % des revenus du foyer, le manque à gagner est immédiat et durable.

3. Les frais liés au décès Obsèques, frais de succession, frais de justice en cas de litige : ces coûts sont souvent sous-estimés.

Une règle pratique : viser un capital décès total de 3 à 5 ans de revenus nets, en tenant compte de ce que versent déjà CARPIMKO ou CARMF.


Les deux options pour se protéger

Option 1 : Le capital décès dans le contrat de prévoyance

La plupart des contrats de prévoyance individuelle (Madelin ou non) incluent une garantie capital décès. En cas de décès pendant la période couverte, un capital forfaitaire est versé au(x) bénéficiaire(s) désigné(s).

Avantages :

  • Un seul contrat couvre à la fois l’arrêt de travail et le décès
  • Cotisations déductibles du BNC dans le cadre Madelin
  • Montant du capital décès personnalisable

Points de vigilance :

  • Vérifier les exclusions (décès par suicide la première année, souvent exclu)
  • Le capital décès est souvent une option dans le contrat de prévoyance, pas systématiquement inclus — vérifiez votre contrat actuel

Option 2 : L’assurance vie avec clause bénéficiaire

L’assurance vie permet de constituer une épargne qui sera transmise au(x) bénéficiaire(s) désigné(s) en cas de décès, avec une fiscalité très avantageuse.

Avantages :

  • Fiscal : les capitaux transmis via une assurance vie bénéficient d’abattements importants (152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans)
  • Souplesse : vous pouvez modifier les bénéficiaires à tout moment
  • Double usage : l’assurance vie est aussi une épargne disponible de votre vivant

Points de vigilance :

  • L’assurance vie n’est pas une “assurance” au sens strict : elle ne verse un capital que si vous êtes décédé après avoir constitué ce capital. Contrairement à une prévoyance, elle ne “garantit” pas un capital minimum dès la souscription.
  • Pour la protection familiale immédiate, un contrat de prévoyance avec capital décès est donc plus adapté en début de carrière.

La clause bénéficiaire : ne pas la négliger

Que ce soit sur un contrat de prévoyance ou une assurance vie, la clause bénéficiaire est le document qui désigne qui recevra le capital à votre décès. Sa rédaction est cruciale.

Les erreurs fréquentes :

Laisser la clause par défaut. La clause standard (“mon conjoint, à défaut mes enfants par parts égales, à défaut mes héritiers”) ne convient pas toujours selon votre situation familiale et patrimoniale.

Oublier de mettre à jour après un divorce. Si vous avez désigné votre ex-conjoint comme bénéficiaire avant votre divorce et que vous ne l’avez pas modifié, c’est lui qui percevra le capital. Cette situation est plus fréquente qu’on ne le croit.

Oublier d’ajouter un enfant né après la souscription. Si la clause désigne “mes deux enfants” et qu’un troisième est né depuis, il peut être exclu de la répartition selon la rédaction exacte.

La clause bénéficiaire idéale est rédigée nominativement, avec les dates de naissance des bénéficiaires, et est mise à jour à chaque événement familial significatif (mariage, naissance, divorce, remariage).


Ce qu’il faut faire concrètement

  1. Vérifiez votre contrat de prévoyance actuel : inclut-il une garantie capital décès ? Pour quel montant ?
  2. Calculez le capital nécessaire pour votre situation (crédits + revenus à remplacer)
  3. Rédigez ou relisez vos clauses bénéficiaires sur tous vos contrats
  4. Mettez à jour après chaque événement de vie : mariage, naissance, divorce, acquisition immobilière

Promed vous aide à faire le point

Chez Promed, nous aidons les professionnels de santé libéraux à évaluer leur besoin réel de protection en cas de décès et à choisir les contrats adaptés. Un bilan personnalisé, gratuit et sans engagement, pour s’assurer que votre famille est vraiment protégée — pas seulement sur le papier.

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