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Arrêt de travail IDEL : que se passe-t-il vraiment pendant les 90 premiers jours ?

Fracture, opération, dépression : pendant les 90 premiers jours d'arrêt, la CARPIMKO ne verse rien. Ce qu'il se passe et comment se protéger.

Par L'équipe Promed · 3 mars 2026 · 8 min de lecture
IDEL Prévoyance Arrêt de travail

Le délai de carence CARPIMKO : une réalité que beaucoup découvrent trop tard

Vous exercez en libéral depuis plusieurs années, vous cotisez régulièrement à la CARPIMKO, et vous pensez être protégée en cas d’arrêt de travail. Puis survient un accident, une opération, un épisode dépressif sévère. Et là, la découverte douloureuse : la CARPIMKO ne verse rien pendant les 90 premiers jours d’arrêt.

C’est ce qu’on appelle le délai de carence. La caisse commence à indemniser à partir du 91e jour seulement. Ce n’est pas une anomalie ni une erreur — c’est le fonctionnement normal du régime obligatoire des infirmières libérales.

Ce délai de 90 jours représente trois mois pendant lesquels vous devez assumer seule la totalité de vos pertes de revenus et le maintien de vos charges fixes. Pour une IDEL gagnant 3 500 € net par mois, cela représente potentiellement 10 500 € de revenus perdus sans aucune compensation du régime de base.

Ce que verse réellement la Sécurité sociale entre J1 et J90

Heureusement, la CARPIMKO n’est pas votre seul filet de protection. En tant que travailleuse indépendante affiliée à la CPAM, vous bénéficiez des indemnités journalières de la Sécurité sociale — mais elles sont soumises à des conditions strictes et leur montant est limité.

Le délai de carence de la Sécurité sociale est de 3 jours. Les IJ démarrent donc à partir du 4e jour d’arrêt (J4).

Le montant est calculé sur la base de votre revenu annuel moyen des trois dernières années d’activité, divisé par 730. Pour une IDEL avec un revenu annuel moyen de 42 000 € brut :

  • Base de calcul : 42 000 / 730 = 57,53 € par jour
  • Plafond applicable (1/730e du revenu annuel plafonné)
  • Montant net perçu : environ 40 à 50 € par jour après prélèvements

Sur trois mois, cela représente environ 3 600 à 4 500 €. Insuffisant pour couvrir vos besoins habituels si vous gagnez 3 500 € net par mois.

Attention aux conditions d’accès. Pour percevoir les IJ de la CPAM, vous devez avoir exercé votre activité libérale de manière continue et cotisé au régime. Les règles d’ouverture de droits peuvent varier selon votre situation (installation récente, interruption d’activité…). En cas de doute, vérifiez votre situation auprès de votre CPAM.

Les charges qui continuent pendant l’arrêt

Voilà ce que les simulations de revenus oublient souvent de calculer : pendant un arrêt de travail, vos charges fixes ne disparaissent pas.

Pour une IDEL en activité, les charges qui se poursuivent indépendamment de votre activité incluent :

  • Cotisations CARPIMKO : maintenues (sauf exonération au bout d’un certain temps d’arrêt, à vérifier selon votre situation)
  • Charges sociales URSSAF : provisoires, mais pas annulées immédiatement
  • Loyer du cabinet : si vous avez un local dédié
  • Crédit auto ou véhicule professionnel : les mensualités continuent
  • Assurance professionnelle, RC pro : cotisations annuelles
  • Abonnements et frais fixes (téléphone pro, logiciel de facturation, etc.)

Selon les situations, ces charges représentent entre 1 200 et 2 000 € par mois pour une IDEL. Ajoutées à la perte de revenus, le déséquilibre financier des 90 premiers jours peut rapidement atteindre 5 000 à 8 000 € — voire plus.

Exemple concret : Marie, IDEL depuis 8 ans

Marie gagne 3 500 € net par mois. En janvier, elle se fracture la cheville en glissant sur le verglas. Son chirurgien lui prescrit 3 mois d’arrêt.

Ce qu’elle perçoit entre J4 et J90 : environ 46 € d’IJ CPAM par jour, soit environ 4 000 € sur la période (en déduisant les 3 jours de carence).

Ce qu’elle perd : 3 mois × 3 500 € = 10 500 € de revenus habituels.

L’écart à combler : 10 500 - 4 000 = 6 500 € sur 3 mois, auxquels s’ajoutent ses charges professionnelles.

Sans épargne de précaution ni prévoyance complémentaire, Marie doit puiser dans ses économies personnelles ou recourir au crédit pour passer ce cap.

Les deux solutions : épargne de précaution et prévoyance complémentaire

Face à ce vide des 90 premiers jours, deux approches se complètent :

L’épargne de précaution

Constituer une épargne de sécurité liquide équivalente à 3 à 6 mois de charges (personnelles et professionnelles) est la première ligne de défense. Cette épargne doit être disponible immédiatement, sur un livret A ou un compte épargne sans conditions de retrait.

C’est une bonne base, mais elle présente deux limites : elle s’épuise avec chaque arrêt prolongé, et elle n’est pas adaptée aux arrêts longs (au-delà de 6 mois).

La prévoyance complémentaire avec franchise courte

La solution pérenne est de souscrire un contrat de prévoyance individuel avec une franchise courte — c’est-à-dire une période de carence réduite à 15, 30 ou 60 jours.

Comment ça fonctionne : vous choisissez une franchise (par exemple 30 jours). Dès le 31e jour d’arrêt, votre contrat verse une indemnité journalière en complément des IJ CPAM, jusqu’au retour au travail ou jusqu’au terme prévu au contrat (souvent 60 ou 65 ans).

Le montant des IJ complémentaires est à définir selon votre situation : on cible généralement un total CPAM + prévoyance complémentaire égal à 70 à 80 % de votre revenu habituel.

Le coût d’une franchise courte est plus élevé qu’une franchise à 90 jours. La différence de prime entre une franchise 30 jours et une franchise 90 jours représente généralement 15 à 30 € par mois supplémentaires — un coût bien inférieur au risque couvert.

La hiérarchie des priorités : par où commencer ?

Si vous n’avez pas encore de prévoyance complémentaire, voici l’ordre recommandé :

  1. Vérifiez votre couverture actuelle : avez-vous un contrat de prévoyance ? Quelle est votre franchise ? Quel est le montant des IJ prévues ?
  2. Calculez votre vide financier réel : revenus habituels - IJ CPAM - charges incompressibles
  3. Constituez une épargne de précaution minimale : 3 mois de charges si vous n’en avez pas
  4. Souscrivez ou ajustez votre prévoyance : privilégiez une franchise courte (30 ou 60 jours) plutôt qu’une franchise à 90 jours, même si le coût est légèrement supérieur

La prévoyance n’est pas un luxe réservé aux hauts revenus — c’est la protection de base d’une activité libérale solide.


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